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La valeur du karaté (1/3)

EN TANT QU’ENTRAÎNEMENT ATHLÉTIQUE

La nature du Karaté est telle que le corps est sollicité dans toutes les directions, contrairement à ce qui est demandé par exemple aux bras pour l’aviron et aux jambes pour le saut.

En Karaté, il n’y a aucun intérêt à développer exclusivement un seul côté du corps. En fait, un des avantages du Karaté est le développement équilibré et harmonieux du corps.

Dans la plupart des cas, une minute ou deux suffisent à exécuter un Kata. De plus, au cours de la progression de l’entraînement, les mouvements deviennent de plus en plus rapides et l’entraînement de plus en plus vigoureux dans son ensemble, ce qui fait qu’il est possible d’exécuter un exercice relativement complet pendant un temps assez court.

Ce type d’exercice est idéal pour beaucoup de ceux qui désirent s’entraîner mais ne disposent pas du temps nécessaire. La durée restreinte des exercices de Karaté est un deuxième avantage à son actif.

Aucun autre type d’entraînement, que ce soit le Judo, le Kendo, le tir à l’arc, la natation ou l’équitation, ne peut se pratiquer en un lieu quelconque et à n’importe quel moment aussi aisément que le Karaté.

La plupart des sports requièrent des emplacements de grandes dimensions, des équipements spéciaux ou des partenaires et, de ce point de vue, le Karaté est très souple et très adaptable.

L’emplacement est indifférent, aucun équipement et même aucun partenaire ne sont nécessaires.

On peut le pratiquer dans un jardin, dans une chambre, dans un hall ou tout autre endroit selon son désir. Ceci constitue un troisième avantage du Karaté.

D’habitude, un exercice adapté aux hommes ne convient pas aux femmes et ceux qui sont adaptés aux femmes ne conviennent pas aux hommes ; les exercices destinés aux convalescents sont insuffisants pour les personnes bien portantes et de même, les exercices convenant aux jeunes gens en bonne santé sont trop éprouvants pour les personnes âgées ou pour les enfants. Le Karaté peut être pratiqué par les personnes affaiblies, par les femmes, les enfants et les personnes âgées.

En d’autres termes, comme chacun peut adapter l’exercice à ses capacités et comme chaque unité d’entraînement a une durée variant d’une à deux minutes, il n’y a aucun danger de surentraînement ou d’épuisement physique.

De plus, au fur et à mesure que le corps est éduqué et que les techniques deviennent plus élaborées, les mouvements deviennent naturellement plus puissants, de sorte que la quantité d’effort devient suffisante, même pour les jeunes gens à l’apogée de leur force physique.

L’ampleur des exercices se développe naturellement au cours du processus d’entraînement ; voilà un élément que je citerai comme quatrième avantage du Karaté.

Le fait que le Karaté puisse être pratiqué seul ou en groupe est un aspect qui lui est propre.

Enfin, même si l’on ne considère que le point de vue de l’exercice physique et sa valeur pratique, la suite de mouvements des bras et des jambes ayant une signification spécifique et les nombreuses variations des différentes séquences des Kata représentent, en ce qui concerne leur étude, autant de défis à relever.

Tout en y prenant plaisir et tout en étant entièrement pris par leur étude, on profite de leur acquis sans même s’en rendre compte.

La valeur du Karaté en tant que méthode d’éducation physique peut aisément se prouver par des tests scientifiques ; après un an seulement d’entraînement, on peut facilement se rendre compte des progrès et reconnaître l’amélioration de sa condition physique par rapport à ce qu’elle était avant la pratique du Karaté.

Mes professeurs estimés, les regrettés Maîtres Shishu (en japonais Itosu) et Azato avaient été tous deux des enfants très faibles.

Ils s’initièrent à la pratique du Karaté pour améliorer leur santé ; ils se développèrent si bien qu’ils devinrent méconnaissables. Ils vécurent très longtemps et devinrent, de notre temps, de vieux Maîtres respectés.

Maître Shishu vécut jusqu’à l’âge avancé de quatre-vingt-cinq ans et Maître Azato jusqu’à quatre-vingts ans.

Le professeur de Maître Azato, Maître Matsumura vécut jusqu’à quatre-vingt-dix ans. D’autres experts de Karaté, comme les Maîtres Yamaguchi, Aragake, Chibana, Nakazato, Yahiku, Tokashiki, Sakihara et Chinen, vécurent tous au-delà de quatre-vingts ans.

Ces exemples sont très caractéristiques du rôle du Karaté comme méthode supérieure pour conserver la santé.

  1. Shodaï (Tokyo Shoka Daigaku) est maintenant l’Université Hitotsubashi. [Note du traducteur.]

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